« Nous devons tous payer la note »
J’ai cessé de boire en 1986 quelques jours avant Noël; aussi cette période de l’année me porte-t-elle tout particulièrement à la gratitude et à la réflexion. Je suis encore émerveillé par l’influence miraculeuse que les AA ont exercée dans ma vie, même avant d’avoir assisté à une première réunion.
J’étais désespéré, mais sans la moindre idée de la solution. Je suis tombé sur une petite annonce dans le journal local (ce qui trahit mon âge!) qui disait : « Problème d’alcool? Nous pouvons peut-être vous aider. » Suivait une liste des heures et des endroits où les réunions avaient lieu dans mon quartier. Je n’ai pas bu pendant encore quelques semaines, en serrant les dents, avant d’aller à une première réunion. Les membres m’ont accueilli dans une salle chaleureuse et m’ont offert des rafraîchissements. Pourtant, pendant que quelqu’un me disait que je n’aurais plus jamais à souffrir autant à cause de l’alcool, je ne pensais qu’à sortir de là au plus vite.
Mais ma sortie a été ralentie par un barrage de membres qui me tendaient des brochures et des répertoires de réunions tout en m’encourageant à rester pour la deuxième réunion. Il m’a fallu quelques jours avant d’y retourner, mais je n’ai pas bu.
En tant qu’alcoolique, égocentrique à l’extrême, j’en suis venu à penser que cette aide serait toujours là pour moi. Ce n’est qu’après avoir assisté à une première réunion d’affaires que j’ai compris que tout cela était rendu possible par l’argent que les membres déposaient dans le panier. Ç’a été la première de mes nombreuses leçons au fil des ans sur la puissance et l’importance de l’autonomie financière.
Sur l’importance vitale de l’autonomie financière pour le Mouvement et l’obligation particulière dans laquelle cette tradition place les membres, Bill W. a écrit en octobre 1967 un article intitulé « Notre tradition de l’autofinancement », qui est inclus dans l’édition commémorative du livre Le langage du cœur (édition non disponible en français) parue à l’occasion du Congrès international de 2025.
Chaque service des AA est destiné à faciliter toujours davantage notre travail de la Douzième Étape, qu’il s’agisse d’une salle pour les réunions du groupe, d’un Bureau central ou d’un Intergroupe pour les hospitalisations et le parrainage, du siège des services mondiaux pour le maintien de notre unité et de notre efficacité à l’échelle mondiale.
Peu coûteux, ces services sont absolument essentiels à la poursuite de notre expansion et à notre survie. Le paiement de leur coût est une obligation collective, qui repose sur les épaules de tous. Financer nos services, c’est reconnaître que les AA doivent fonctionner partout à plein régime. Conformément à notre Tradition de l’autofinancement, nous devons tous payer la note. »
Nous sommes tous dans l’obligation de voir à ce que les AA soient là pour la prochaine personne qui entrera en tremblant dans nos salles, comme ils étaient là pour nous quand nous avons eu besoin du don du rétablissement. Reconnaître comme Bill que « nous devons tous payer la note », c’est à la fois notre responsabilité spirituelle et notre héritage spirituel.
John W.
Administrateur des Services généraux de Classe B et trésorier d’AAWS